Constat : le probleme de sommeil est à l’envers des préoccupations actuelles

Autant le dire tout de suite, le probleme de sommeil n’est ni un sujet sexy, médiatique ou “tendance”. Bien au contraire. La société de l’avoir dans laquelle nous vivons cherche à nous faire consommer toujours plus. Elle désire nous vendre toujours de nouveaux produits en créant de nouveaux besoins. Elle nous influence à acquérir une “situation sociale”. A améliorer nos conditions de vie en nous poussant à gagner notre vie.  Comme si nous n’en étions pas digne. Bref, elle nous culpabilise et nous conditionne à vivre dans l’illusion du paraître.

Ce phénomène de société que pose le probleme de sommeil est loin du plaisir. Loin des soirées un peu arrosées, des nuits “chaudes”, des paillettes, des séries géniales. Le probleme de sommeil e est loin de tout ce qui pourrait faire en sorte d’être un sujet “super cool” !

Il est en fait exactement l’opposé de tout ça. Le sommeil ne consiste pas à faire, ni à dire ou à penser. Le sommeil consiste à lâcher pour être soi.

Cette société est une société du Faire et le Sommeil est un besoin de l’Etre.

sommeil

1ère explication : manquer de sommeil est un risque pour l’équilibre humain

Dormir, traduit une approche naturelle de l’homme à se reposer. A se considérer, et s’estimer comme un être vivant à part entière. Malheureusement, le sommeil est tout sauf signe de richesse ou de réussite. Il ne se voit pas. Il est tellement dans ce que nous sommes… Que nous l’oublions et avons même tendance à le négliger. Nous le faisons passer au dernier plan ou presque. Un peu comme la respiration. Faire une sieste en entreprise ou ailleurs est souvent signe de laxisme, de passivité ou d’attitude de perdant.

Une étude criante de vérité sur le probleme de sommeil

Une étude de janvier 2019 récente montre que les français ont perdu entre 1 H et une heure trente de sommeil en 50 ans ! C’est la toute première fois qu’une étude montre que la durée de sommeil est de moins de sept heures par nuit selon le l’indicateur de mesure du sommeil de Santé publique France (SPF). Ceci comprend aussi les jours ouvrés. Une nuit était en moyenne de 462 minutes en semaine en 2017, contre 429 min dans l’avant dernière enquête de 2010 et environ de 420 minutes dans divers sondages de l’INSV.

C’est une information riche d’enseignements. Car cette heure et demie en moins n’est qu’une moyenne. Cela veut dire que pour certaines et certains, c’est beaucoup plus que ça. Cette heure et demie de moins à dormir nous montre à quel point notre société est en profond changement de valeurs. Changements dans nos modes de vie, nos habitudes, nos priorités, notre état d’esprit etc… etc… Bref sur la façon dont on voit notre vie au quotidien et cela créé un probleme de sommeil latent omniprésent.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  4 pistes géniales pour arrêter la procrastination et passer à l'action

Des répercussions sur la santé impossibles à cacher

Car, c’est en fait tout sauf banal et anodin. Les difficultés liées à un probleme de sommeil provoquent tout un flot de problématiques physiques, psychiques, mentales, émotionnelles qui  impacte de façon assez nette notre espérance de vie. Car la vie est réglée sur la nature et les cycles circadiens du jour et de la nuit dépendant l’un de l’autre. La nuit est faîte pour dormir, le jour pour agir. C’est comme ça.

« Le sommeil et le rythme circadien jouent un rôle important pour la santé, notamment pour le système cardiovasculaire et la lutte contre les tumeurs », expliquent les auteurs d’une étude américaine de 2007 parue dans l’American Journal of Preventive Medicine. Cette étude qui démontre les risques associés au travail de nuit n’est pas la première. Elle a été enregistrée en 2007 par l’OMS comme un facteur de cancer. Ceci en raison des troubles du rythme circadien.

Au delà du travail de nuit, le manque de sommeil tout court présente un risque sur notre métabolisme général et sur le fonctionnement même de notre corps.

L’aspect régénérateur du sommeil et fondamental. Il joue son rôle durant notre sommeil. L’inactivité consciente physique, mentale, émotionnelle est donc elle aussi fondamentale.

2ème explication : les causes du probleme de sommeil dans nos sociétés occidentales

stress

Le stress : facteur numéro un au probleme de sommeil

C’est notre environnement général de vie qui nous perturbe et qui créé le stress. Ce sera, selon l’OMS, la 1ère cause de maladie du 21ème siècle. La définition du stress : décalage qui se produit entre les tâches à effectuer et les moyens à disposition pour y répondre.

Ainsi, ce sont les conditions extérieures qui créent le stress. Au travail ou à la maison, nous subissons ces contraintes et chaque événement, petit ou grand a un impact sur notre état d’être et sur notre niveau de stress.

Le travail subi source principale de stress et de probleme de sommeil

Du fait que nous passons en générale minimum 8 heures par jour à notre travail, son environnement et son atmosphère jouent beaucoup sur notre état d’esprit. Si cette atmosphère produit du stress de façon quotidienne, répétée et chronique, cela créera obligatoirement un problème de sommeil.

Si je parle du stress au travail, c’est juste parce que tout le système dans lequel nous vivons repose sur notre capacité à payer notre loyer, notre nourriture, nos vêtements, nos loisirs, nos voitures et donc notre salaire ou notre revenu. Et cette dépendance à l’argent nous fait trop souvent passer à côté de l’essentiel. Et le problème du sommeil provient exclusivement du stress, de l’activité mentale qui ne s’arrête pas, de l’incertitude sur l’avenir. En misant tout sur notre carrière et nos conditions de vie, nous créons une vie faîte de pression, de contrainte, d’obligation,  et des satisfactions éphémères qu’on a perpétuellement besoin de rechercher.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Burnout : souffrance existentielle ?

Les entreprises à la ramasse ?

D’autre part, on sait que le stress, le manque de sommeil, le travail en mode multi-tâches suite à des suppressions de poste sont sources de stress. L’autoritarisme en entreprise, le patriarcat, le harcèlement sont aussi des causes de perte de rentabilité pour les entreprises. A l’inverse, celle qui privilégient :

  • un bon état de santé physique, mental et émotionnel de ses employés
  • le niveau d’engagement des hommes et femmes qui les composent,

ont une productivité et une rentabilité bien meilleure;

On sait que de nombreuses grosses entreprises comme Apple, Microsoft, Google dépensent beaucoup d’argent pour le bien-être de leur équipes. Juste parce qu’elles ont compris que le mal-être, le stress, les burnouts, le problème de sommeil posent de sérieux problèmes de rentabilité. Et pourtant, dans la majorité des entreprises, le stress est encore considéré comme un facteur de motivation. La priorité au Faire et l’oubli de l’Etre nous fait croire que nos besoins primaires sont devenus inutiles à assouvir. Il est aujourd’hui plus important que jamais de montrer une image de réussite.

sablier du temps

La durée du travail

Certaines journées de travail débordent sur le temps de repos. D’après une étude réalisée en 2015 par Opinion Way pour American Express, les patrons des TPE tirent particulièrement sur la corde avec des journées actives de près de 10 heures. Les 3/4 rapportent du travail chez eux et 14% restent au travail après 21H. Près de la moitié travaillent 6 jours sur 7 et dorment moins de 6 heures par nuit. 1 dirigeant sur 5 travaille 7 jours sur 7. Le problème de sommeil est un des premiers signes des risques d’épuisement ou de burnout à court, moyen ou long terme.

Le stress vécu dans la vie personnelle engendre aussi le problème de sommeil

De façon indirecte mais logique, ce problème de sommeil si répandu est en fait très simple. C’est un signe criant de la difficulté de l’Etre à être en accord avec lui-même.

D’un côté nous devons nous travailler pour assumer nos conditions de vie de l’autre nous devons lâcher pour mieux accueillir le présent, abandonner le passé et laisser tomber l’avenir. Difficile, après ce constat de se positionner en tant qu’humain. Nous qui avons toujours vécus en tenant compte de notre passé, de nos expériences, de nos échecs et/ou de nos réussites. Ces expériences nous permettaient une certaine sécurité. La phrase clé a toujours été de ne pas refaire les mêmes erreurs que celle connue dans le passé. Certes, mais en choisissant de ne pas prendre de risque et de tenter de voir ces expériences comme des enseignements pour tenter de faire les mêmes choses autrement, nous nous coupons de tout notre potentiel.

Les contraintes familiales

Les contraintes familiales s’ajoutent aux contraintes financières. La relation de couple, l’éducation des enfants, l’école, les relations extra-conjugales, les divorces, décès d’un proche, départ, maladie sont des facteurs de stress personnel très important. Certes il n’y a pas de relation par rapport à la définition de départ entre les tâches et les moyens à disposition. Le stress provient aussi d’autres causes comme celles que j’ai énumérées ci-dessus. Cela rejoint la peur de na pas avoir la capacité de bien élever ses enfants, la tristesse d’un décès, la peur causé par un départ, les fréquentations des enfants…

“Les hommes, dans leur sommeil travaillent fraternellement au devenir du monde”. Héraclité D’Ephèse

sommeil ville

3ème explication : nous cherchons trop à gagner du temps sur le sommeil et sur notre temps de repos

Dormir est un besoin vital

Dormir fait partie de nos besoin vitaux. C’est au cours de la nuit que le corps se régénére ainsi que les 100 milliards de cellules qui le constituent. Nous le savons tous plus ou moins, pourtant, 40% des français ont ce problème de sommeil !

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Les 3 bénéfices de l'introspection

Ce qui est sûr et ce que révèle l’étude parue en 2019, c’est que nous cherchons à diminuer notre temps de sommeil car nous pensons qu’il y a d’autres priorités bien plus importantes.

Cette façon de voir nos vies est dangereuse. Elle génère une peur sous jacente du présent et de l’avenir. Ainsi nous ne vivons pas le présent mais un avenir hypothétique. Vouloir “gagner du temps” veut dire aussi que nous n’en avons pas assez. Que notre vie n’est pas choisie et plutôt subie Qu’elle est courte et qu’il est donc nécessaire d’avoir des conditions de vie donnant accès à une moins mauvaise vie que les autres.

repos

Le sommeil, la sieste, le repos sont mal vus par les entreprises

Et le sommeil comme je le précisais au début de cet article, n’est pas un signe extérieur de réussite ou de richesse. Il vaut mieux en France faire du présentéisme au travail que de faire la sieste ne serait-ce que 10 ou 15mn. Car celui qui dort est considéré souvent par cette société comme un inactif, un fainéant ou au pire un parasite. Alors on en arrive toujours à privilégier nos conditions de vie plutôt que notre qualité de vie. Tout cela est insidieux. Nous ne nous rendons pas compte de ce phénomène de probleme de sommeil. Surtout lorsqu’on est jeune et qu’on récupère vite. D’où la quasi obligation à ces âges de travailler plus et d’avoir un meilleur salaire aux yeux de la société ou de l’image que l’on renvoie de soi. Puis les habitudes se prennent. Les 30-35 ans arrivent vite et le problème de sommeil s’installe. Impossibilité de s’endormir, réveils intempestifs aux aurores, des nuits vides de sommeil réparateur et régénérateur.

A lire la suite début de semaine prochaine…