Le mental dysfonctionnel

Le mental dysfonctionnel

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Le mental et la parabole du mendiant

 

Eckart Tolle nous raconte l’histoire d’un mendiant présent sur le bord d’un chemin depuis 30 années. Un jour un étranger passa et le mendiant lui fit l’aumône mais l’étranger n’avait rien à lui donner. Celui-ci demanda alors au mendiant sur quoi il était assis. Le mendiant lui répondit qu’il était assis sur une vieille caisse de bois et qu’elle lui servait de siège depuis toujours. L’étranger lui suggéra alors de regarder à l’intérieur. Après quelques efforts le mendiant ouvrit la caisse à l’intérieur de laquelle se trouvait un véritable trésor rempli de pièces d’or.

Nous sommes à l’image de ce mendiant qui fait l’aumône d’une vie meilleure alors qu’il est assis dessus… Tant que nous n’avons pas trouvé tout l’inébranlable que représentent la paix profonde intérieure et la joie radieuse de l’Être, nous n’avons pas trouvé la véritable richesse et restons des mendiants tournés vers l’extérieur pour ne récolter que quelques malheureuses miettes de plaisir et de satisfaction ne représentant que la reconnaissance  et l’amour que nous attendons désespérément des autres.

La notion d’illumination dont parle l’auteur est l’opposé de la séparation, de la division entre nous-mêmes et notre environnement. L’illumination quant à elle n’a rien d’extraordinaire. C’est notre caractéristique première : être en contact direct avec quelque chose de bien plus vaste, de démesuré et d’indestructible. Ce n’est pas un accomplissement surhumain. Pour le Bouddha, c’est la fin de la souffrance.

L’Être est la vie éternelle omniprésente  au delà des formes de vies soumises aux cycle de la naissance et de la mort. Il n’est accessible que lorsque le mental est au repos et quand notre attention se fixe sur le présent.

Notre identification en dehors de l’Être cantonnée au “mental” nous amène la pensée compulsive. Par la pensée de Descartes, nous avons acquis la croyance, que nous n’existons qu’à travers la pensée : “je pense donc je suis”. C’est l’erreur la plus fondamentale, celle d’associer la pensée à l’identitié et inversement. Les penseurs compulsifs que nous sommes tous vivent dans l’illusion du mental fragmenté et séparé de tout ou perdurent les tensions, les incompréhensions et les conflits. Le pire est que nous en sommes devenus les esclaves. Nous pensons que si nous ne pensons pas ou si nous n’avons pas de problèmes c’est comme si nous n’existions plus. Autant le mental peut nous servir à réaliser de grandes choses autant il peut nous couper de l’Être et nous rendre esclave du mental. L’outil mental devient le Maître et le penseur l’esclave. Les jugements, évaluations, comparaisons que nous effectons sans cesse nous font penser être plus forts ou plus faibles et et cet état de fait est sans fin et cause notre perte. Car les choses vraiment importantes sont au-delà de ces considérations : l’amour, la joie, la créativité, la beauté…

Merci à Christopher Clay


Se libérer du mental

On pense souvent que les gens qui parlent seuls dans la rue sont à la limite de la démence. Pourtant c’est exactement la même chose que nous faisons tous les jours sauf que nous le faisons tout bas, à l’intérieur. Nous nous parlons en permanence, nous évaluons, comparons, analysons, rejettons, adoptons, aimons… Et le plus souvent “la voix” nous dirige vers des situations négatives qui se transforme en inquiétude car elle se réfère à toute notre histoire personnelle, au passé vécu, ressenti et au conditionnements qui en découlent. Nous vivons ainsi notre présent au passé en une vision déformée siphonnant notre énergie vitale.

Première solution : devenir témoin de nos pensées

Pour nous libérer de la tyrannie du mental, nous devons devenir les observateurs de cette voix sans la juger ni la condamner, sinon c’est elle qui reprend possession de nous. En devenant le témoin de ces pensées, nous en diminuons l’impact et nous installons alors dans nos têtes des moments de calme et de silence vide des clameurs et des plaintes perpétuelles. Nous nous reconnectons alors à l’Être.

Deuxième solution : se connecter au moment présent

Nous devenons alors pleinement conscient de chaque instant, développons la vigilance et la conscience. C’est l’essence de la méditation. Nous pouvons développer ces aptitudes en vivant pleinement nos activités quotidiennes. Lorsque nous nous lavons les mains, que nous mangeons, que nous écoutons de la musique, que nous écrivons… Prenons le temps de profiter de ces moments de plénitude potentiels. Remarquons la puissante sensation de présence qui se manifeste…

Le fondamental est de se dissocier du mental. L’éveil et l’illumination viendront de ce calme intérieur. En abordant notre mental non pas comme notre maître mais comme en enfant peu sûr de lui qui exige toujours plus de sécurité, d’intérêt, et qui veut qu’on s’occupe de lui.

illumination

Merci à Brass_nroll

L’illumination c’est s’élever au-delà de la pensée

C’est toute la question car s’élever au delà de la pensée, pour l’égo, c’est ne plus exister. L’égo c’est ce “moi fantôme” qui est désigné par l’identification inconsciente au mental. Et nous tirons toute notre existence de cet état d’esprit, l’équation est :

Pas de pensée = mort.

A partir de là, pour l’égo, le passé et le futur sont les seuls moments où nous existons. Le passé car il nous donne une identité accrochée à notre éducation, nos habitudes nos conditionnements. Le futur car il permet de nous projeter en espérant un meilleur lendemain : quand j’aurai ou serai ceci ou cela je serai bien, heureux, en paix. Le peu de présent qu’il peut vivre, l’égo le voit avec les yeux et les croyances du passé. Pourtant la pensée involontaire inconsciente et compulsive cause une sérieuse perte d’énergie vitale et nous montre à quel point il est difficile de l’arrêter. Elle procure une fausse sensation de contrôle et donc de plaisir qui n’est finalement que souffrance.

L’instant présent est la clé de libération.

L’importance de la pensée n’est qu’une étape de l’évolution de la conscience. Car la pensée ne constitue qu’une partie de la conscience et elle ne peut exister sans elle. En revanche la conscience n’a pas besoin de la pensée. C’est lorsque nous nous servons de notre mental de façon utile que nous échappons à ses diktats. Nous devons nous en détacher pour nous élever. Après avoir atteint l’illumination, la pensée ne nous sert qu’en fonction de nos besoins sans être dépendant du bruit généré par le dialogue incessant intérieur.

En fait, le mental est une machine à survie. Il excelle dans l’approche attaque/défense mais n’a pas la capacité de créer. Une étude menée auprès de mathématiciens émminents y compris d’Einstein a prouvé que les découvertes les plus spectaculaires se produisaient alors qu’ils étaient dans un phase de calme mental. Interrogé au sujet de leur méthode de travail ils ont précisé que “la pensée ne jouait qu’un second rôle à l’étape brève et déterminante de l’acte créatif lui-même”. Le mental ne crée rien, pas même la vie sur terre. Une intelligence supérieure est à l’oeuvre. Comment une cellule humaine de 1/2500 cm de diamètre pourrait-elle contenur une quantité d’information qui remplirait un millier de livres de 600 p chacun ?

Les émotions, une réaction du corps au mental

Les émotions sont une réaction du corps au mental ou à l’inverse le reflet de notre mental dans le corps. Cette réaction crée différentes énergies de peur, de colère, de joie, de tristesse qui occasionne des modifications biochimiques dans notre corps qui ne sont que la partie “matérielle” sachant que la plupart du temps ces émotions émanent de nos pensées compulsives inconscientes. Plus vous êtes dans votre mental, plus la charge émotionnelle sera puissante. Etre coupé de ses émotions produit des résultats surprenants : le corps les vivra sous forme d’évènements, de maladies, ou de situations répétitives.

Exemple : un profond schème de colère non exprimée chez une personne favorisera des situations de confrontations avec d’autres personnes également pleines de colère. La forte vibration de colère des ces personnes résonnera jusqu’à se mettre en accord avec la colère d’autres personnes.

https://www.youtube.com/watch?v=c84NZEv-Q

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“Si vous voulez comprendre l’univers, vous devez l’aborder en terme de vibrations, de fréquences et d’énergie”. Tesla

Si nous voulons connaître le mental nous devons observer les émotions qui en découlent, nous devons les observer et les ressentir dans notre corps. Les signaux que nous transmettent notre corps sont toujours justes, le corps ne ment jamais, c’est notre maison.

L’auteur nous précise qu’il existe des oppositions entre les pensées superficielles et les schèmes inconscients. Si nous avons des pensées compulsives qui nous dirigent, nous vivrons les émotions correspondantes dans notre corps. Nous devons observer autant les pensées qui se situent dans la tête que les émotions situées dans le corps. Si nous arrivons à cela, toute la partie sombre inconsciente sera portée à la lumière de notre conscience.

Ce travail est fondamental. Qu’est ce que je ressens dans mon corps, qu’est ce qui se passe en moi à l’instant ? Obervons et tournons notre attention vers l’intérieur. Souvent une émotion est la manifestation d’une forme-pensée intérieure fulgurante qui prend possession de nous le plus généralement du fait de notre non-présence ou de notre inconscience. Souvent les deux jouent et s’animent mutuellement.

Le paradoxe c’est que le mental veut éliminer notre souffrance émotionnelle et plus il s’efforce de le faire, plus cette souffrance se développe car c’est le mental qui intrinsèquement partie du problème. Imaginez un policier essayant d’arrêter un pyromane alors qu’il est lui-même ce pyromane.

Les émotions de joie, d’amour de paix sont inséparables de notre état naturel à être en rapport intime avec l’Être. Ces moments éphémères arrivent en cas d’extrême fatique, de contemplation et de vision de grande beauté, ou lors d’un grand danger. A cet instant précis émane de nous une immobilité intérieure qui s’installe et au coeur de cette immobilité une joie immense subtile d’amour et de paix. En fait, ce ne sont pas des émotions, Elles sont beaucoup plus profondes et innées. La principale différence est que la joie, l’amour, la paix proviennent de l’intérieur alors que les émotions positives que nous ressentons comme le plaisir proviennent de l’extérieur. Elles ne sont que des vagues qui retombent en fonction des situations que nous vivons et qui alternent entre la satisfaction et leur opposé l’insatisfaction. Elles sont soumises au principe de dualité ce qui revient à dire que nous ne pouvons pas avoir ce qui est bon sans récolter aussi ce qui est mauvais. Dans l’état de non-éveil, ce que nous prenons pour de la joie n’est finalement que du plaisir éphémère faisant partie du perpétuel cycle d’alternance souffrance-plaisir. Souvent, ce que nous prenons pour de l’amour n’est que la satisfaction par l’extérieur d’un besoin non assouvi à l’intérieur. Et la perte de cet apport extérieur nous fait souffrir, c’est pour cela que de nombreuses relations oscillent entre l’amour et la haine. Une fois le vide assouvi, nous croyons aimer, une fois ce vide à nouveau présent, nous croyons haïr. Le véritable amour est au-delà de ces considérations. Comment pourrait-il être source de souffrance ? L’amour est là, au fond de nous, masqué par notre mental. A l’image des nuages et du soleil, dès que le gris disparait le rayonnement du soleil illumine. Ce ne sont pas les nuages qui sont perpétuels, c’est le soleil.

Selon le Bouddha, la douleur et la souffrance naissent du désir ou des compulsions et pour s’en libérer, il faut éliminer la subordination au désir. En fait, le mental cherche le salut ou la satisfaction en désirant des choses extérieures  ou dans l’avenir pour trouver un subsitut à la joie et à l’amour véritable qu’il ne peut produire. Et tant que je suis ces envies, besoins, attaches, et aversions, je me coupe de mon être. Et en essayant de lutter contre lui, en cherchant à atteindre l’illumination ou à se libérer du désir nous ne faisons qu’utiliser le mental. Il est donc préférable d’être présent simplement donc d’être éveillé à ce présent.

Pour résumer ce chapître, deux choses : la souffrance que nous vivons au quotidien provient de notre identification au mental, des pensées harrassantes et des émotions qui ne font qu’alterner et qui compose notre “corps de souffrance” dont Eckart Tolle parle dans les prochains chapîtres. Cette souffrance est bien réelle même si les plaisirs éphémères offerts par nos sens (nourriture, alcool, tabac, sexe addictions en tout genre) réussissent à nous la masquer. Au-dessus se trouve justement l’Être, la conscience supérieure l’amour, la paix, la joie. Se libérer du mental consiste à nous reconnecter à cet Être par la conscience du moment présent et de ce que nous sommes au plus profond de nous-mêmes.

Stéphane Dabas – Auteur – Coach en bien-être et développement spritituel

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One thought on “Le mental dysfonctionnel

  1. « Ce ne sont pas les nuages qui sont perpétuels, c’est le soleil »
    très belle phrase, merci, je me permettrai de la reprendre en accompagnement 🙂
    C’est une demande régulière des patients/clients d’acceder à davantage de calme/sérénité pour être présents dans l’instant !
    Bonne continuation

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