Comprendre l’épuisement professionnel  (burnout, boreout, brownout)

“Une maladie de l’âme en deuil de son idéal”. Freudenberger.

Selon l’Institut National de Recherche et de Sécurité, le syndrome d’épuisement professionnel, ou burnout, est un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique dans lesquelles la dimension de l’engagement est prédominante. Il se caractérise par 3 dimensions :

  • épuisement émotionnel
  • déshumanisation des tâches
  • perte de sens

Les causes

 

Première cause : l’impact de la surcharge de travail et de son aspect chronique

 

La notion de décalage entre la quantité de tâches à accomplir et les moyens disponibles pour les réaliser constitue la base même de l’épuisement professionnel. C’est de façon très simple ce qui crée le stress chronique d’où l’importance de prendre en compte la notion de durée. Car très souvent, le stress chronique est juste la norme et ce, surtout si tout le monde pense que c’est justement la norme. Bien qu’il soit négatif sous toutes ses formes, le stress ponctuel est utile en cas de danger réel pour se défendre. Le stress chronique en revanche est totalement destructeur.

Arrivent ensuite les problématiques émotionnelles. C’est là que la parcours de vie de chacun constitue un risque supplémentaire important.

Deuxième cause : moi, l’autre, les relations inter-personnelles

 

Je ne peux parler du d’épuisement professionnel sans parler de moi, de l’autre et des relations que j’entretiens avec mon environnement. Comme dans toute situation de mal-être, de souffrance, il y a :

  • les causes personnelles qui constituent un terrain propice,
  • le cheminement et les circonstances qui vont se présenter (stress chronique)
  • la conséquence proprement dîte.

Ce qui est intéressant de comprendre de mon point de vue, c’est ce chemin. Ce parcours du “combattant” sera perdu d’avance lorsque se combinent terrain propice (qui je suis) et mon environnement. Les difficultés du passé, les blessures émotionnelles et les traces qu’elles ont laissées dans nos mémoires ont un impact déterminant. Cela crée un niveau de sensibilité plus ou moins élevé qui ne correspond en rien aux codes rationnels et notamment à la notion même de quotient intellectuel. C’est ce genre de problématique qui crée à la base, un terrain prédisposé à l’épuisement professionnel. Si à cela s’ajoute un environnement de stress chronique, de pression, et de management non formées à l’intelligence émotionnelle, toutes le conditions sont alors réunies pour constituer les conditions de burnout, de boreout ou de brownout.

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Troisième cause : perte de sens

 

Les structures compliquées, le management “abroad”, la communication négative, le “trop” de technologie déshumanisent le travail. Les objectifs déconnectés du terrain, la pression excessive, les changements incessants, les réorganisations venues “d’en haut” supprime toute notion d’humanité.

Important

 

Il faut néanmoins bien être  conscient que l’épuisement professionnel sous ses différentes formes peut très bien blesser des personnes pas forcément sensibles. Cela dépend de l’environnement et des conditions de travail. Une personne sachant très bien gérer ses émotions pourra malgré tout vivre une situation de burnout si l’environnement et le management favorisent une atmosphère délétère permanent.

 

La notion d’intelligence émotionnelle

Les études sont unanimes

 

Or, il est un fait que la réussite d’un individu ou d’une organisation n’est pas seulement rationnelle mais aussi émotionnelle. La capacité à gérer de façon individuelle et collective les émotions est la clé de l’épanouissement et donc de la réussite. Les nombreux ouvrages qui traitent de ce sujet sont unanimes, les études aussi. D’après de nombreuses études dont parle Daniel Goleman dans son ouvrage “l’intelligence émotionnelle, seulement 20% des personnes diplômées ont une tendance à mieux réussir que les autres. Les 80 autres sont ceux qui ont savent gérer déceptions et difficultés et qui persévèrent. Ils ont réussi à faire de leurs émotions un atout en arrêtant de les subir.

Comment ce chemin se met il en place, quelles sont les circonstances qui permettent d’arriver à de telles situations ?

 

L’épuisement est un processus logique plus ou moins long fonction de la sensibilité et du mental de chacun

 

L’épuisement professionnel est toujours “l’aboutissement” d’un long processus. Que ce soit au niveau personnel ou au niveau de l’environnement extérieur, plusieurs ingrédients se cumulent les uns après les autres pour en arriver au stade d’épuisement professionnel.

1 Les pré-dispositions intrinsèques personnelles comme les blessures émotionnelles non-traitées

2 L’environnement surchargé de travail,  le stress chronique, le management autoritaire ou inexistant, l’isolement…

3 “Le chemin” et la construction de l’épuisement professionnel (importance du déni, problématique des croyances relatives à la vision de l’entreprise par rapport aux personnes “sensibles” : le côté tabou).

4 Perte de sens et perte de l’êtreté

5 La goutte d’eau

 

 

5 indicateurs pour prévenir l’épuisement

 

De quels  indicateurs j’ai besoin pour prévenir l’épuisement ?

 

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Premier indicateur

 

Ecouter ses ressentis corporels : tous les signaux liés à des tensions, gênes, douleurs, intuitions, maux sont à prendre en considération à tout prix. Pour cela, vous devez vous réapproprier votre mental, sortir des masques de victime, du sauveur et/ou du bourreau. Vous devez accepter ce que ces signaux vous transmettent comme information car le corps ne ment jamais, c’est notre maison, notre refuge, notre repère ultime. Il est indispensable de l’écouter et de mesurer les messages “cachés”. Notre corps nous dit exactement ce sur quoi nous devons agir pour l’aider. C’est notre premier indicateur parce que nous l’avons en permanence sous la main. Le souci c’est que nous l’avons totalement oublié car il n’a fait que nous servir depuis toujours. Vous pouvez vous inspirer de ce film magnifique qu’est le guerrier pacifique de Dan Millman.

Deuxième indicateur : les émotions

 

Nos émotions regroupent 4 piliers :

  • Ce sont des informations : elles se manifestent en permanence car elles sont issue de deux axes. Il s’agit de nos mémoires d’un côté et des stimulis qui les font se manifester de l’autre. Comprendre ce phénomène est indispensable pour en faire une puissance d’action potentielle.

 

  • Elles représentent ce que nous sommes depuis notre intérieur : quoi que nous fassions, elles sont plus puissantes que notre raison du fait du très grand nombre de connexions existantes dans notre ventre (200 à 500 millions de neuro-transmetteurs) et dans notre cerveau. L’enjeu est de créer de façon juste de nouvelles connexions grâce à notre conscience.

 

  • Elles sont inconscientes. Elles sont issues de nos réactions initiales de survie causées par les blessures de l’enfance. contre des situations ressenties comme dangereuses par notre amygdale (zone du cerveau qui gère les émotions), elles sont devenues automatiques pour nous protéger de la façon la plus efficace et la plus rapide possible.

 

  • C’est la source de notre intelligence la plus profonde : le plus intéressant c’est qu’elles sont une opportunité énorme pour changer et ne plus vivre dans la peur de revivre les situations du passé telle qu’elles ont été vécues initialement.

 

sommeil

 

Troisième outil : le sommeil

 

Le sommeil est une des premières sources d’information de nos états intérieurs. La moindre insomnie est déjà un signal qui devrait attirer notre attention. Bien dormir est notre nature, et non le contraire. On s’habitue à mal dormir alors que s’intéresser aux causes de ces premières insomnies permettrait de stopper tout de suite le processus d’épuisement professionnel. Le sommeil est notre premier outil de régénération de notre corps. Si nous dormons mal nous perdons ce pouvoir de régénération. Des solutions naturelles à l’aide de plantes, d’huiles essentielles ou de techniques de gestion du stress à travers la respiration sont simples et très efficaces.

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Quatrième outil : la respiration

 

Se réapproprier notre respiration le plus souvent inversée est FONDAMENTAL car nous respirons de façon saccadée et “étroite”. Un échange d’air entre l’inspir et l’expir est normalement de 50 cl d’air. Nous ne respirons la plupart du temps que 25 à 30 cl. Imaginez la perte d’énergie sur un an, sur une vie…

Quand je dis que notre respiration est inversée, cela veut dire que nous rentrons notre ventre à l’inspir et que nous le gonflons à l’expir. Nous respirons uniquement avec notre thorax et nos épaules à cause du stress et de la pression que nous vivons sans nous en rendre compte. La respiration consciente est juste un excellent moyen de changer tout ça. Retrouver une respiration normale consiste à retrouver la qualité de respiration que nous avions à notre naissance. Cette respiration primaire est abdominale, ample, souple et régulière.

 

5ème outil : l‘alimentation

 

Alléger l’alimentation est aussi un excellent moyen pour diminuer notre niveau de stress, améliorer notre qualité de sommeil et nos humeurs. En effet, nous savons désormais que  2ème cerveau (l’intestin) est une source déterminante de notre humeur, de notre émotions et de notre santé en général. Nous connaissions déjà le rôle important que jouait la flore intestinale joue dans la bonne santé de notre système immunitaire. Aujourd’hui, les neurosciences expliquent de façon très claire que notre santé intestinale est étroitement liée à nos humeurs. Le sucre par exemple joue un rôle important dans sa façon dont il interagit avec notre cerveau et notre humeur.

 

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stéphane dabas

 

 

 

 

 

 

 

Stéphane Dabas

Coach, facilitateur de bien-être